Un maître de chant carnatique
Son talent protéiforme et sa grande liberté artistique trouvent leur origine dans son enfance, passée au sein d’une famille de radjas dans le Kérala (Inde du Sud).
Il s’installe en France en 1985 auréolé d’une solide réputation dans le chant carnatique (sacré), et s’intéresse très vite au jazz, à l’électro-acoustique et à la musique contemporaine ; intérêt boulimique qui se traduit par des collaborations avec Bernard LUBAT, Gérard MARAIS ou le grand guitariste flamenco Pedro SOLER (plusieurs tournées en Allemagne, Espagne).
Aimant le son sans discrimination, il collabore avec des artistes tels que DJ Goze (compilation Buddha Bar III) ou Talvin Singh (Festival de Saint Denis, Opéra de Londres, Théâtre des Champs Elysées). Mais Ravi Prasad est avant tout un homme de spectacle. Il est partenaire de la chorégraphe Régine Chopinot sur trois créations avec le Ballet Atlantique (Festival de Hué au Vietnam, Festival d’Avignon, tournée en Inde) et s’intéresse à la tradition musicale et mythique de son pays dans « Malbar Experience » (en collaboration avec des musiciens réunionais) puis dans « Ponguël », spectacle de théâtre musical dans lequel il est avant tout acteur aux côtés de Céline Arnaud. La distance qu’il a opéré par rapport à sa propre culture lui permet de se démarquer d’une tradition millénaire dans les toutes premières « Polyphonies indiennes » jamais écrites, ainsi que dans la symphonie indienne « Mythia », créée en 1996 au palais de l’Unesco puis à l’Olympia dans le cadre du 50° anniversaire des Nations Unies.
Parallèlement, Ravi Prasad implique régulièrement amateurs et professionnels dans des stages qui débouchent sur la présentation de spectacles. Le dernier en date était une création originale avec 45 percussionnistes et chanteurs – tous professeurs et élèves d’écoles de musique – présentée près de Seynod, dans le cadre du festival « Les Impulsives ». Ravi Prasad porte actuellement un projet de… cabaret indien, incluant clowneries, magie, contes et danses.
« La tradition, c’est une base. Mais tout artiste doit trouver sa propre tradition dans la tradition. Ce qu’on a fait cinq minutes auparavant, c’est du passé, ça fait déjà partie de la tradition. L’artiste, lui, doit se tourner vers la création et prolonger ainsi la tradition ; c’est un lien. Ce qui est important, c’est ce qu’il apporte à chaque instant vécu. »
Bref, Ravi Prasad sera toujours là où on ne l’attend pas, son goût de l’expérimentation sonore et du métissage étant sans limites…





